Comment expliquer qu’un nombre encore peu satisfaisant d’agriculteurs utilise des semences améliorées, notamment pour les cultures vivrières, sachant le taux élevé de rendement de ces dernières ?
Comment documenter largement les bonnes pratiques afin qu’elles soient accessibles au plus grand nombre et inciter à plus d’usage des nouvelles techniques d’amélioration de la production agricole ?
Le warrantage comme technique d’amélioration des conditions de vie des populations rurales ?
Telles sont les problématiques qui ont campé le débat de la session sur la documentation des bonnes pratiques.

L’ONG SOS Sahel a partagé son expérience au Burkina Faso et au Niger en matière de warrantage en rappelant le contexte qui explique la pertinence de cette pratique : prix d’achat des intrants élevés, endettement des producteurs, besoin de liquidité….
Le warrantage propose donc une solution de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire en valorisant le travail des producteurs, la sécurisation et la commercialisation de leur production, en favorisant l’accès aux services de micro finance, en développant l’épargne ou enfin en auto garantissant le crédit.
Ainsi au Burkina Faso, SOS Sahel a pu : réaliser 30 magasins de warrantage répartis dans 8 provinces du pays, signer 19 protocoles d’accord avec les IMF et a permis à 17 organisations paysannes de pratiquer le warrantage jusqu’à aujourd’hui.
Ces résultats impressionnants se heurtent toutefois à certains obstacles comme les taux de crédit élevés, les IMF réticentes à se lancer dans l’aventure, des délais de paiement long ou encore la fluctuation des prix.

Cet exemple de bonne pratique très apprécié par les participants a également lancé le débat des semences améliorées comme levier de productivité. En effet, les semences améliorées permettraient d’assister à une hausse de 35% de la production agricole. FAO Niger a donc partagé son expérience avec son programme de multiplication et de diffusion des semences améliorées de qualité et adaptées aux changements climatiques. Ce programme vient en appoint au plan de soutien établi par le gouvernement nigérien en faveur des populations en difficulté et qui met au cœur de l’action les semences améliorées.
Des chiffres impressionnants : de 6% d’utilisation des semences améliorées en 2008, nous assistons selon les statistiques de 2012 à un taux d’utilisation de 15%. L’objectif de ce programme est d’arriver à l’horizon 2015 à un taux d’utilisation des semences améliorées de 30%. Ce programme se base sur 2 axes : un axe institutionnel et structurel et un second opérationnel et réglementaire.

La séance des questions-réponses très riche en échanges a permis aux différents participants de partager leurs techniques de documentation des bonnes pratiques à l’exemple des participants de l’Afrique de l’Est, avec leur plateforme de réduction des risques et catastrophes, du CILSS avec l’utilisation des TIC pour l’information des paysans maliens ou encore du ministère ghanéen pour l’environnement et l’agriculture qui grâce à de nombreux programmes et projets développe des guides de bonnes pratiques culturales.

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